Mon amour pour Charles-Ferdinand Ramuz

J’ai toujours aimé Charles-Ferdinand Ramuz. J’avais un peu plus de trente ans, lorsque mes parents connaissant cet amour, déposèrent de gros cartons sous l’arbre de Noël à mon attention: Les Oeuvres complètes, exemplaire no 207 d’une édition limitée à 500! Elles trônent depuis 1986 en maîtresses des lieux dans ma bibliothèque.

A l’heure de balbutier mes débuts en écriture à l’âge de 65 ans, ces quelques notes rédigées par Ramuz alors qu’il n’avait que 22 ans ( « Fragments de Journal », 1895 – 1902) prennent une dimension nouvelle qu’il me tarde de partager avec vous:

7 avril 1897. – C’est un grand plaisir pour moi de prendre la plume et de me décrire à moi-même la situation de mes sentiments et de mes pensées, de faire le plan de ma vie de chaque jour, de dresser la carte des pays que je parcours en imagination, pour moi seul, car j’éprouve une étrange coquetterie à cacher mon monde intérieur à ceux qui m’entourent. Comme les héros des tragédies classiques j’ai besoin d’un confident – ce confident, ce sont quelques notes fugitives; mon journal devrait être quotidien. Malheureusement, une paresse innée, les mille petits incidents de mon existence monotone m’empêchent souvent d’écouter la voix de mes bonnes intentions et d’exécuter mes projets. Je suis sans excuse, je l’avoue. Mais je suis faible, je résiste mal à mes impulsions bonnes ou mauvaises.

Je vois chaque jour plus distinctement quelle serait ma « vocation », si c’était là une vocation ordinaire que l’on écoute de gaîté de coeur comme celle d’avocat ou de médecin. Je dois devenir un écrivain. Seulement ce n’est pas le tout que de dire je dois; et, si mes instincts et mes goûts me portent irrésistiblement à la carrière littéraire, il y a sur ma route tant de ronces que je suis bien excusable d’y regarder à deux fois avant de me mettre en route. Il me semble pourtant que c’est une fois en chemin que je trouverai l’assurance et le bonheur de la tâche accomplie et de la vocation satisfaite.

Curieuses, curieux d’entendre sa voix? Archive de la RTS. Ramuz lit un extrait de Passage du poète. https://www.rts.ch/archives/tv/information/carrefour/3451073-lecture-de-ramuz.html

Publié par efix1955

Allez savoir pourquoi j’avais opté pour la filière latin dès l’âge de 12 ans? Ce n’était certainement pas pour aboutir, quelque douze ans plus tard, à l’obtention du titre de ingénieur agronome de l’Ecole polytechnique de Zürich, pire encore, en 1984, au grade de Dr ès Sciences techniques de la même école. Et pourtant. Soyons honnête, ce choix d’ado pré-pubère me venait de l’amour de la langue, la langue française, évidemment. Aujourd’hui, en fin de carrière professionnelle - j’ai viré ma cuti dans les années quatre-vingt dix pour reprendre des études en communication et relations publiques et m’y consacrer jusqu’à ce jour - me voilà au seuil d’un rêve de toujours: ÉCRIRE. Depuis un certain temps déjà, j’ai mis le pied dans la porte. J’ai un aveu à vous faire: J’ai la plume qui me démange. Alors bienvenue dans le monde de mes démangeaisons.

2 commentaires sur « Mon amour pour Charles-Ferdinand Ramuz »

  1. Merci de m’avoir fait redécouvrir Ramuz, car avant de te connaître j’avais oublié combien “Derborence” et le film “Si le soleil ne revenait pas” m’avaient marquées.

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